vendredi soir, fin de soirée. Les même gueules amochées. Les même trips artificiels. Les mêmes couples qui se multiplient, impurs. Les mêmes verres renversés, les mêmes gitares désaccordées, les mêms voix cassées, et encore et toujours, la même lassitude...
Je me suis barrée de la soirée. je me susi dans mon coltard. Perdue dans la nuit noire, engloutie par sa coulée, beurrée, défoncée, errante sous la froideur du néant perçant. Mes pas ondulent, mes jambes aussi, mes genoux s'entrechoquent, ces jambes trop lourdes à force de dégueuler, de courir, de fumer, ce corps désséché, par ttes ces nuits passées sans dormir, ces nuits entières à me foutre en l'air.
Je erre. La lumière est au-dessus, trop loin, je ne peux pas la rejoindre. Je glisse, je suis engloutie, le long des baricades, mon rouge s'efface au mur, mes mains s'éclatent contre le goudron, le froid me griffe, il s'insinue sournoisement sous ma robe, cette robe rouge, cette robe trasch et démodée, j'ai la gueule d'une demoiselle d'honneur déchue. Mes pieds-nus frappent le goudron, l'asphalte humide me déchire, me plante, me transperce.
l pleut ce soir. une belle pluie. Fine. Brumeuse. Une pluie glacée qui me réchauffe, trace sur mes joues un sillon de crayon noir, joue les larmes qui me manquent.
J'ai marchée. J'ai traînée. J'ai oublié où, quand et comment, j'ai oublié qui je suis, où je vais d'où je viens. Sur mon bras nue il y a ce nom gravé, ces sept lettres dans ma peau, payées à la douleur, une trace de mémoire égarée sur mon corps...je suis coincée, étouffée, entre le remord et le regret.
Et puis, je susi là. je suis arrivée. Je n'ai cherché nul part où aller, et pourtant, j'ai trouvé. Je suis perchée, tt en haut, sous moi, à mes pieds, mon regard se perd. Il y a des lumières, ki partent, loin, trés loin d'ici, ces longues traînées rouges qui se succèdent, ces ptit bouts de vie qui défilent.
je susi vide.terriblemtn vide. Tellement vide que j'en ai le vertige.Les abymes sont plus sombres que la nuit, les étoiles sont voilées, et il pleut.
J'écarte les bras. Paumes offertes, paupières clauses, pr qques secondes, un age intemporel, un ange qui a perdu ses ailes, je me suis déchue moi-même. je ne sais pas voler, je le sais, je suis beurrée, ça aussi, je le sais. OPurtant je veux y croire, je veux rêver un autre envol, je domine, je susi là, en haut, le vent joue, la nuit se referme, l'obscurité m'étreint.
Puis ce souffle sur ma nuque, qui glisse sans fausse notes jusqu'à mon oreille aux aguets. ce murmure qui coule sur ma peau:
"Sautera?Sautera pas?"
Je souris, devant moi, un sourrie que personne ne voit, seulement ma nuit, un sourrie franc, le seul peut-être que je ne regretterai jamais.