Je me souviens d'un tiroir.
Un tiroir, le troisième tiroir d'une petite commode en bois noir, le troisième parmis quatres autres.
C'était un petit tiroir tout bête, tapissé de blanc. Sur le fond il y avit qques traces de feutres, égarées là depuis des années, lorsqu'enfant tu décidais dêtre artiste.
C'était un petit tiroir rempli. Il n'y avait pas beaucoup de place et pourtant, tout rentrait.
Il y avait un treillis bien plié, et puis un petit short kaki ke tu aimais bien voir sur moi.
Il y avait qques paires de chausettes, toutes montantes et rayées, et un colant multicolore, tu sais, celui ki transformait mes jambes en arc-en-ciel. Et une paire militaire, renforcée, pr mes chevilles fragiles.
Il y avait une chaîne roulée, la toute première ke tu avais attaché autour de ma taille.
Il y avait un peu de linge, le plus mignon bien sur, pas vraiment plié, plutot froissé dans un coin, sur la gauche. Un ou deux débardeur incolore, et ton caleçon, avec lekel je dormais, tu te rapelle?
Plaqué contre le mur du fond, il y avait mm une plaquettes de pillules et qques tampons, au cas où.
Et puis il y avait mes t-shirt anti-fascho ke tu avais transormé de ta main, une foto de toi tt petit, qques bracelets de bois, qques croquis froissés, un crayon noir, une brosse à dents, et toujours ce mm déo à la noix de coco.
Et pis il y avait ce petit carnet que tu n'avais pas le droit de lire mais ke tu regardais sans cesse, celui ou je traçais ton nom de grandes lettres niaises à coté de nos théories révolutionnaires...
Ce n'était rien kun tiroir mais c'était mon chez moi chez toi. C'était comme une petite lumière, un petit coin ki donne chaud au coeur, un sourire le matin et le soir, et cette petite boite confortable, ce petit tiroir douillet ou dormait mon âme.
Et je me demandes : quelles affaires ont remplacés les miennes aujourd'hui?